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Un Gaffeur a l'Airsoft

Tout est dans le titre !

Urus 3 ? Vraiment ?

Et pourtant que la montagne était belle...

Et pourtant que la montagne était belle...

Vendredi 20 septembre 2019 : dix membres de la Taïpans Airsoft Team (Connor, Babou, Phoenix, Barbu Gamin, Kinder, Papy, Chkoun, Tao, Maximus et moi même)  sont en ébullition ! Il est en effet 20 heures, nous nous trouvons à bord du Corsica Ferry fin prêts à traverser la mer pour participer à l'OP Urus 3 à Biguglia. Il s'agit de la suite d'Urus 2 survenue il y a deux ans et dont les retex de nos cinq copains à l'époque avaient mis l'eau à la bouche à une bonne partie d'entre nous. 

Nous sommes ainsi partis pour une traversée mémorable où l'excitation et le roulis l'emporteront sur notre fatigue ! Tellement hâte d'en découdre avec les corses sur cette OP réputée explosive et crevante (200 joueurs annoncés, avec véhicules, assauts nocturnes et orientation milsim). De plus, comme il y a deux ans les orgas ont donné pour consigne d'essayer de débusquer et photographier les autres joueurs sur le ferry. Nous pistons chaque passager qui aurait un vêtement d'airsoft ou un regard trop appuyé. C'est ainsi qu'avec Kinder nous pensons avoir épinglé une douzaine de joueurs à nous deux. Nous verrons bien demain lorsque nous retrouverons notre contact sur le port de Bastia.

En attendant on va essayer de ronfler un peu quand même, en plein milieu des couloirs du bateau truffés de sacs de couchages et de matelas gonflables. L'enthousiasme et la bonne humeur du groupe (on se souvient de Gamin qui vers minuit tenta sans succès de s'allumer une clope en plein vent sur le pont supérieur avant de conclure "je suis même pas sûr qu'il y ait encore du gaz dans le briquet") ne seront qu'à peine égratignés par un duo d'indélicats ayant décidé de jouer au palet sur table à quelques mètres de nous. Un coup de "Il est sérieux ce con à jouer au palet à 1h du matin ?" lancé par Chkoun qui pour le coup ne dormait pas trop mal et le bruit du palet pris subitement fin. 

Les dix zonnards de la TAT fraîchement embarqués !

Les dix zonnards de la TAT fraîchement embarqués !

Premier (et dernier) jour : premiers couacs

Nous sommes équipés au bord de la route qui mène au terrain, notre nom de code pour cette OP : Spartiate Un... Alors ça c'est la classe ! Mais les premiers doutes arrivent vite : Babou, seul vétéran d'Urus 2 est persuadé que nous ne sommes pas sur le même terrain, de plus l'orga n'a toujours pas mis de lunettes de protection alors que nous avons pénétré sur le terrain avec pour consignes d'engager tout ce qui ne porte pas de tenue CE ou daguet français. Nous escortons nos deux véhicules pendant une dizaine de minutes tandis que l'orga annonce "montez dans les véhicules, le camp est encore trop loin pour y aller à pieds". Bon, l'orga s'est planté dans les distance, à la limite cela peut arriver. 

Nous arrivons à ce qui nous servira de camp : une plaine entourée par une crête et une petite forêt, avec très peu d'arbres et de couvertures naturelles ainsi que deux barnums au milieu. Nous constatons que les joueurs alliés portent de l'OD, du multicam, mais pas de CE... Nous redoutons une embuscade mais l'orga confirme, ce sont bien nos alliés pour le week-end. Nous dressons notre camp au pied de l'un des rares arbres de la zone en nous relayant par groupes de cinq car les ennemis peuvent nous tomber dessus à tout moment. 

Le camp est presque monté lorsque nous entendons "véhicule armé à l'entrée du camp". Ni une ni deux les membres de Spartiate Un qui ne sont pas aux prises avec des sardines et de la toile de tente se rapprochent de l'engin. Effectivement un camion avec tourelle protégée à 360° est planté à une soixantaine de mètres de notre bivouac. Babou et moi attirons son feu sur notre flanc droit, en nous maintenant légèrement hors de leur portée. Pendant ce temps Chkoun, Phoenix, Gamin et Kinder partent sur la gauche pour s'approcher et éliminer le véhicule en lançant un fumigène dessus. 

Quelques instants plus tard Babou est touché, mais juste après Kinder réussi son lancer de fumigène qui atterri pile au niveau des roues avant du véhicule. L'orga présent semble ne pas valider le lancer "il faut que le fumigène soit SOUS le véhicule pour le détruire", mais il finit par l'accorder, nos gars étant surélevés par rapport au camion, aucune chance qu'un fumi puisse rouler aussi bas. Je gueule "Medic" pour que Gamin revienne s'occuper de Babou. Et là, le premier vrai soucis de la journée : le tireur dans la tourelle continue de nous allumer tous et sort Kinder avant de se rabattre dans ma direction. Je chope Babou par le col pour l'emmener hors de portée tandis que les billes continuent de siffler à mes oreilles. Babou chute sur l'un des nombreux arbustes. Je fais signe au tireur de ne plus tirer car il y a peut être une blessure : le mec tire encore. Je me déclare OUT. Un orga vient inspecter Babou : plus de peur que de mal, mais sur le coup il a douillé. "Et sinon on a fait pété leur camion mais le tireur continue de mitrailler, il triche", "que nenni, vous avez fait sauter le véhicule mais les mecs dedans sont encore en jeu"... Woaw quand on n'est pas préparé c'est vraiment perturbant le milsim. 

Genre à cette distance j'ai pu le rater...

Genre à cette distance j'ai pu le rater...

Princes of the universe

Nous passons bien quarante minutes à tenter de contourner le camion pour arriver dans son dos et forcer les joueurs à se rendre. Mais les vraies emmerdes commencent : primo les joueurs en face ont les mêmes camos que nos alliés, et malgré un système de code rapidement instauré nous passons une bonne partie du temps à nous demander si untel sur la crête est ami ou ennemi. Et l'autre partie du temps que faisons nous ? Et bien nous comprenons pourquoi nous sommes Spartiate : nous affrontons les Immortels. C'est assez impressionnant : malgré le déluge de billes que nous leur envoyons, très rares sont les joueurs d'en face qui se déclarent out. Certains de chez nous commencent à bouillir de voir nos billes rebondir sur leurs gilets. Il y en a même un qui a dit à son pote "oh recule un peu là ils te touchent". Bref après trente minutes immobilisé le camion repart du camp. 

Pendant ce temps nos alliés corses ont pu dénicher un mannequin symbolisant le premier objectif : nous devons le défendre pendant trente minutes pour le valider. Nous nous replions tous vers le camp, retrouvant ainsi Chkoun qui avait disparu depuis trente minutes. "J'étais seul, j'attendais de vous voir mais j'ai été sorti et je suis resté Out tout ce temps" car il n'y avait pas de règle de temps avant respawn pour les blessés en cas d'absence de medic. On se planque derrière les pick up, les quelques murs de pierres et les barnums tandis que les joueurs ennemis arrivent. Encore une fois nous affrontons des gens dépourvus de terminaisons nerveuses. Cela dit ils n'approchent pas trop de peur d'être démasqués par les orgas. Papy, Tao et moi surveillons la crête où rôdent un sniper et d'autres roublards. "Défense de se cacher derrière les véhicules" lance un orga. Bon, nos gars cachés derrière les pick up reculent pour s'agglutiner derrière les barnums et murets déjà bien occupés. 

Tao fait feu derrière moi "il y en a un qui arrive derrière les barnums". Je décide de le grenader. Tao ainsi que Maximus confirment que le gars est derrière le second barnum. Pour une fois ma grenade explose au bon endroit. Le mec ne sort pas. La moutarde monte, et le sentiment d'être une cible de foire s'accentue lorsque l'orga précise "défense de se cacher derrière les barnums et les tentes". Ok, et on se cache où sur une plaine avec l'ennemi en hauteur et sur les flancs ? Bons princes nous obtempérons (tandis que les attaquants se cachent derrière les pick up, mais visiblement les règles ne sont pas les mêmes pour tous) mais ne résistons bientôt plus au feu ennemi. Ils s'emparent du mannequin, nous l'avons dans l'os. 

Connor notre team leader demande quelques explications aux orgas, car le sentiment de colère d'être venus pour se faire tirer dessus par des highlanders dotés de high cap a envahi une bonne partie de notre effectif. C'est alors que nous apprenons que nous ne jouons pas sur le bon terrain car l'autre a été réservé pour un rallye. Ok, mais ne pouvait-on pas nous prévenir pour éviter la traversée ? Oui mais on s'est dit que comme vous étiez les seuls à venir du continent on allait faire quand même une partie. Ah, donc on a stalké les gens sur le bateau pour rien (désolé aux passagers s'il y en a qui me lisent), en prime c'est une partie sauvage et surtout on a quand même payé le plein tarif pour ce qui est au final une dominicale à 50 joueurs ? 

On se concerte entre nous. Malgré la colère, nous nous promettons de rester fair play et de jouer proprement jusqu'au terme de la partie le lendemain à 14h. On se rééquipe, on remplit nos chargeurs à fond (vu que ce n'est finalement pas une OP milsim et que les mecs en face jouent en high cap, pourquoi rester à 50 coups ?). 

Au moins le terrain était magnifique

Au moins le terrain était magnifique

La goutte qui fait déborder le vase

Nouvel objectif : trouver le camp ennemi qui selon les orgas est situé à 300 mètres au Nord et bloquer la route pour tendre une embuscade à leur camion indestructible. Connor donne l'ordre de départ et ajoute "les gars on va partir entre nous suivre une autre route ça évitera les coups fourrés et au moins on pourra se dépenser en randonnant". Babou, particulièrement déçu de cette non orga part éclairer comme jamais un éclaireur a éclairé. On aurait du lui coller une balise tant l'envie de revanche le fait avancer comme une fusée ! Les autres et moi avançons prudemment à la file indienne, indienne, indienne... Nous tombons sur des coins magnifiques dotés de spots parfaits où nous prenons quelques photos. Il y a même dans les hauteurs un fort "naturel" composé d'anciennes bergeries à l'abandon, qui aurait fait un camp ou un objectif génial avec une vraie scénarisation. 

De son côté Connor commence à s'impatienter suite aux incessants appels radio de nos alliés "Spartiate 1 on avancé de dix mètres vous êtes où ?", "Spartiate 1 on a trouvé une route", "Spartiate 1 on les a trouvé ils sont trois", "Spartiate 1 nous sommes sous le feu on a besoin d'aide !" ... A Douze contre trois ? Vraiment ? Nous continuons d'opérer un vaste contournement pour arriver directement sur le flan de la zone où nous pensons que se trouve le camp ennemi (au passage à presque deux kilomètres, les cartes reçues étant faussées). "Spartiate 1 on est derrière un mur on ne sait pas combien de temps il va tenir à vous !". Tremblement de terre, veine sur le front qui palpite, qui est-ce ? C'est Super-Connor qui vient de faire irruption : "et bah mettez du ciment sur le mur comme ça il tombera pas, à vous". Plus aucun contact radio ne sera tenté après ça. 

Quelques dizaines de mètres et nous arrivons enfin sur leur flan. Connor passe entre deux buissons puis suite à un bruit d'AEG recule et s'écroule de tout son long. "Connor ça va ?" "Putain... Il est à quinze mètres il m'a rafalé la gueule". Au moins il ne s'est pas fait mal en tombant. Nous poursuivons l'attaque, Gamin et moi tirons en direction d'un sniper qui miracle se déclare suite à un tir de notre super medic. je continue d'avancer, je prend une bille. Tao m'extrait jusqu'à Gamin. Le temps de me soigner et la miss est touchée aussi. Comme je suis un gars bien élevé je lui rend la politesse en la confiant à Gamin qui décidément n'en demandait pas tant. Phoenix prend la suite de Connor au commandement "les gars on fait une ligne tous espacés de cinq mètres on avance en asmatant toutes les directions". Nous avançons alors à presque une dizaine en tirant à tout va, chaque buisson recevant un chargeur plein. Mais rien à faire : les billes ne leur font rien. Par contre chaque fois qu'un de nous recharge, il prend un seul tir en provenance de l'endroit qu'il mitraillait. Phoenix sort du jeu car fatigué des highlanders. Quelques secondes plus tard, Maximus pourtant à découvert mange une rafale de cinq en pleine tête d'un gars se trouvant à moins de dix mètres. De mon côté je suis touché, je sort un foulard en attendant le medic, puis un tir en plein dans l'oreille. Papy derrière moi s'excuse de m'avoir allumé, mais la vérité c'est que je ne sais pas si c'est lui où le mec à une dizaine de mètres qui tirait sur lui malgré le fait que je sois dans sa trajectoire. Je tombe au sol histoire de me calmer et d'éviter d'autres tirs de ce genre.

J'entends les esprits s'échauffer, les joueurs adverses lancent des "ah mais non on n'a pas été touchés", nos gars tentent de parler calmement tandis qu'arrive un joueur qui lâche un "Oh... Au bout d'un moment il est où le problème ?" qui sonne comme un "dites vous allez nous faire chier longtemps ?" à mon oreille (la deuxième siffle encore un peu). Même moi qui suit d'un naturel patient, je préfère faire demi tour avant de lui faire bouffer mon AEG avec les chargeurs supplémentaires et la sangle en prime. 

Cette fois la coupe est pleine. Nous nous concertons. "Les gars on dit aux orgas qu'on arrête le jeu, qu'on campe ici car on a payé pour ça et demain à la première heure on se barre, qui est pour ?" Dix mains en l'air. Jamais dans l'histoire de la politique un vote n'a été aussi rapide et unanime. 

Chkoun, qui a tenté de calmer le jeu avec les adversaires revient un peu plus tard "ils viendront boire une bière avec nous ce soir pour faire la paix". Bon, après tout ce n'est qu'un jeu. Mais ils ne sont jamais venus. 

"Bowman ici Nomad, c'est truffé de Highlanders ici à vous" "Ici l'orga, balek, over"

"Bowman ici Nomad, c'est truffé de Highlanders ici à vous" "Ici l'orga, balek, over"

La pression retombe, retour sur le continent

Au moins, nous étions ensemble entre amis. C'est ce qui est ressorti de plus positif dans cette (més)aventure sur l'île de Beauté. Nous partîmes le dimanche à 8h30 après avoir constaté que dans les voitures des orgas se trouvaient les packs de boissons entamés. Ils se seraient pas fait le barbecue entre corses hier soir en nous laissant dans notre coin par hasard ? Bref nous laissons derrière nous l'airsoft corse pour de bon. Pour certains nous sommes presque à dire que nous ne remettrons plus les pieds en Corse.

Mais les raccourcis dangereux de ce genre peuvent être vite évités. En quittant le terrain des chasseurs qui nous ont surpris en train de charger nos pickup en bord de route sont venus nous demander si nous étions en panne et si nous avions besoin de leur aide. Bigre, des gens attentionnés ? Cela faisait 24h que nous avions oublié le concept. Une demi heure après, à un bar de Ponte-Leccia les patrons nous accueillirent avec de grands sourires et des viennoiseries toutes chaudes et délicieuses. Puis plus tard nous nous retrouvions au restaurant Les Sables Rouges avec un couple d'amis de Chkoun qui nous ont montré un humour et une chaleur humaine comme nous les aimons tant ! Comme quoi éviter de généraliser, c'est aussi simple qu'un pain au chocolat chaud, un bon repas et quelques sourires. 

Nous repartons avec le ferry de 20h. Confortablement installés dans un hall avec l'accord d'un membre d'équipage, nous sommes finalement sommés par une charmante dame se présentant "commissaire de bord" (calme toi ma vieille t'es hôtesse sur un ferry) de partir car il y a des cabines ou une pièce réservée aux sans cabines. Certains d'entre nous tentent de discuter mais pour ma part ma patience a atteint ses limites en même temps que la bille a atteint mon oreille la veille donc je prend mon sac, le sac de Connor qui s'est absenté, mon duvet et ma colère et je monte dans la salle indiquée. 

Là nous improvisons avec un duvet une partie de Rugby qui affiche des sourires sur la plupart des autres passagers parqués avec nous dans la salle (certains ont quand même l'air de se demander si nous n'allons pas les maintenir éveillés toute la nuit). Le reste de la traversée fut un concentré de bonne humeur. Si vous vous étiez trouvé sur le ferry avec nous vous auriez pu assister à une tournée de Pietras et de blagues, à un chant de pirates sur le pont supérieur, à une partie de cache cache en binômes qui sans surprise s'est terminée au bar ainsi qu'à de nombreuses crises de rire. Et il est où Kinder ? Bah c'est pas un Kinder d'Hélice donc j'espère qu'il est pas à l'arrière ! Merde on a heurté quoi ? Bah tiens la mallette Nuprol !

Au final je ne retire pas une mauvaise expérience humaine de cette aventure. Je remercie mes équipiers d'avoir joué proprement jusqu'au bout et d'avoir gardé leur bonne humeur malgré les blessures et les tricheries. Je remercie également Eddy et Caroline de nous avoir fait découvrir le bon côté de la Corse à un moment où nous en avions grandement besoin ! Je ne retournerais certainement pas en Corse pour de l'airsoft, mais pour le reste ce sera avec grand plaisir que je retournerai dormir dans les coursives pour revoir Bastia ! 

Ah, et certains vous diront que dans la nuit de samedi à dimanche Babou m'a battu sur Star Wars lors d'un Blind Test, mais la caméra n'a rien vu alors ceci n'est jamais arrivé. 

Gaffeur

 

 

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