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Un Gaffeur a l'Airsoft

Tout est dans le titre !

Mission Evasan

Le huitième homme : Stello en personne (le mec à gauche hein, à droite c'est Babou)

Le huitième homme : Stello en personne (le mec à gauche hein, à droite c'est Babou)

La joie et difficultés de la reprise

Enfin ! Bon sang de bois que cela fait plaisir de retrouver nos terrains de plein air pour exercer notre loisir préféré ! Autant dire que je n'abordais pas forcément sereinement cette reprise car la dernière partie ayant eu lieu en octobre en ce qui me concerne, autant dire que le gilet a un peu serré la brioche et que le scénario n'allait pas être tendre avec nous : nous sommes en effet des contractors isolés dans les Balkans et nous attendons une évacuation qui ne viendra pas avant le lendemain matin. 

Le but de l'OP pour nous : nous la jouer discrète pour se faire repérer le plus tard possible, défendre notre position et tenir la nuit complète jusqu'à la rencontre de nos alliés et l'évacuation de nos blessés.

Avec les températures hivernales, la nuit va être longue Potter !
Mais j'avais confiance en notre effectif : Babou en team leader secondé par Mathieu de la Fox, Fiona en Médic, Kinder avec le tiers de son poids en grenades, explosifs et cigares-pistolets, Bean et mon fillot Tom-Tom pour le supplément assaut, Well et Bandido en renforts... Sur le papier, on n'a pas un groupe de branques, ça doit passer ! 

Mais où sont-ils ces chenapans ?

Mais où sont-ils ces chenapans ?

Assurer la position

Je ne sais pas comment nous en sommes arrivés là... Cette mission dans les Balkans n'aurait du être qu'une simple promenade de santé dans le but de récupérer des ressources égarées lors d'une précédente opération, pourtant nous voici contraints de nous replier dans un vieux village en ruines avec en prime un homme sur le carreau que nous ne pouvons pas laisser derrière nous (pas de chance Jésuski n'est pas avec nous, il aurait pu le sauver). 

Pas le temps de rigoler, nous ignorons si nous avons été suivis par les milices locales il faut se retrancher et nous préparer à une longue attente des secours, si jamais nos supérieurs jugent bons de nous évacuer ! 

Nous ne sommes que sept, nous nous installons nos équipements de couchages un peu partout et nous rendons compte que cela va être difficile de bloquer tous les axes tant tous les chemins mènent aux roms. 

Kinder et Tom-Tom partent donc piéger le chemin Ouest, cela nous fera un axe de moins à surveiller. Babou depuis le QG de fortune nous envoie Fiona, Bean et moi en reco au Sud Est. 

Renseignements

Vingt minutes à marcher à pas de loups dans la forêt pour un bilan aussi positif que celui du gouvernement en temps de covid : rien à signaler, nous retournons au camp et on attend. 

Babou lance alors une seconde patrouille vers le Nord pour laquelle Bean et moi sommes redéployés en compagnie de Mathieu. Nous avançons prudemment : quelques minutes plus tôt Babou a repéré un gars en provenance de cette direction. Nous sommes possiblement grillés, il va falloir très vite découvrir où est le camp ennemi. 

J'ouvre la marche en évitant autant que faire se peut les racines et vieilles branches séchées. Finalement nous arrivons en vue d'un hélicoptère crashé.
Bean nous annonce qu'il voit deux tentes installées derrière la carcasse. Nous avons l'ordre de ne pas trop nous approcher pour rester furtif, mais de prendre des photos du campement pour faire valider l'information. Mathieu et Bean forment une ligne de feu sur la crête tandis que je descend prudemment et silencieusement pour prendre un ou deux clichés. Je ne fais pas le fier, s'il y a une sentinelle, elle m'a certainement repéré. Je m'avance, zoom au maximum et prend un cliché pas top mais difficile de faire mieux sans se faire officiellement repérer. 

- Gaffeur, replies toi ils arrivent !

Bean s'est rapproché pour me souffler la consigne, nous faisons demi-tour et rentrons à la base. Malheureusement, le cliché n'a pas convaincu le QG, il faut y retourner. 

C'est qui l'examinateur des photos, Robert Capa ? 

Mathieu et moi sommes désignés pour repartir prendre un cliché qui saura satisfaire ces chichineuses de l'état-major, cette fois c'est lui qui descendra pour prendre les photos. 

Tandis que je le vois s'éloigner silencieusement, mon sang se glace : un type en tenue OD avec un bandeau marron approche à trente mètres sur ma droite. N'ayant pas l'autorisation de tir, je ne peux pas engager, ni me laisser capturer et si je fais demi tour Mathieu va se retrouver piégé. Tant pis, je descend le retrouver.

- Mec il y a un hostile en approche faut traverser leur camp et se tirer en vitesse. 

- Pas de problème de toute façon leur base est vide il n'y a plus de tentes.

Pas le temps de se demander pourquoi ces tentes dont nous sommes tous les trois convaincus de l'existence ont disparu, nous traversons la zone du crash au pas de course et effectuons une grosse boucle à travers les buissons pour retourner sur notre base. 

Pas vraiment de photos à se mettre sous la dent, mais cette fois-ci nous ne sommes pas venus pour rien : l'ennemi est en tenue OD et campe certainement à l'Est du site du crash. 

A présent que nous avons assez de renseignements, il va falloir patienter toute la nuit. La véritable épreuve va commencer. 

 

Renseignements terminés, à présent on campe

Renseignements terminés, à présent on campe

Et allez, cash ! 

Il est presque 21h lorsque Babou me confie une nouvelle mission, j'espère que cela ne sera pas trop compliqué car depuis deux heures nous sommes deux à nous être éloignés pour soulager nos vessies, et à chaque fois la sortie s'est soldée par des bruits de pas et des silhouettes surgissant dans notre direction. L'ennemi nous tourne autour, nous en sommes certains. 

-Gaffeur, mission ! Tu pars avec Tom-Tom chercher Well à la Safe Zone il nous renforce pendant trois heures. 

Cool, une mission avec mon fillot ça va être l'occasion d'enfin jouer ensemble ! On se met d'accord sur l'itinéraire : il va falloir passer par le chemin Sud pour éviter les mines, tope la ? Tope la ! 

Dix mètres après la sortie du camp, une rafale et Tom-tom tombe raide : tire létal cash ! De mon côté j'ai pu rafaler la zone dont je soupçonnais le départ de tirs. Mathieu part récupérer notre victime tandis que je vide un chargeur en couverture. Pas de réponse en face ? Ont-ils dégagés ? Sont-ils éliminés ? Avec cette obscurité, vas savoir. 

Miaou

Nous repartons avec Mathieu pour récupérer Well qui attend toujours qu'on vienne le chercher. Nous passons le plus possible dans les zones d'ombres pour ne pas reproduire le même fiasco qu'il y a quelques minutes. Quinze minutes plus tard nous trouvons Well qui fait le con... Avec un chat !

Bon, il va falloir se dépêcher avant que l'ennemi ne soit à nouveau entre nous et les autres, on fait le même trajet en sens inverse, prêts ? Prêt ! Prêt ! Miaow ! 

Dix minutes plus tard nous sommes enfin au complet au camp : Well et le chat ont été exemplaires de discrétion et de rapidité. 

Je retourne me poster dans ma tour et je m'assied pour laisser passer l'air au dessus car mine de rien le con devient de plus en plus froid. 

C'est après une quinzaine de minutes que j'entend des pas dans les feuilles mortes : cette fois-ci c'est pour ma pomme j'en suis convaincu. Etant donné qu'il y a une belle lune et pas un pet de vent, le moindre bruit trahira nos adversaires. Je retiens mon souffle et scrute les bois à la recherche d'une ombre. 

- Mais bon sang où ils sont passés ces...
- MIAAAOW
- AAAAAH ! ! 
- Gaffeur ça va ?
- RAS, mais le chat a failli me coller un arrêt cardiaque il vient de sauter directement sur ma tour !

Quelques minutes passées à ronronner et à sniffer mes affaires et mes pompes et le félin disparaîtra pour aller trouver un autre mec à qui gratter une caresse. Moment improbable mais amusant, je reprend ma surveillance en espérant que le minou n'ira pas actionner un des pièges en rentrant chez lui. 

Premiers contacts

Cette fois-ci ce sont eux. Comme je suis assis et immobile ils pensent que ma position est déserte, je les entend approcher jusqu'à arriver à dix mètres de moi : je distingue clairement des silhouettes. Je sors discrètement mon 1911 prêt à allumer à toute berzingue. Dans mon dos j'entend Babou depuis le QG me souffler de ne pas tirer jusqu'à ce qu'il le dise. 

Lorsque les tirs partent de notre camp, l'ennemi ne s'y attend pas, ils s'attendent encore moins à me voir me redresser pour leur vider mon chargeur dans un bruit de gaz bien violent. Je me baisse pour recharger puis je descend de la tour en restant à couvert et m'allonge au sol sans me dire que c'était potentiellement là que Kinder s'est soulagé il y a quelques heures. En face ça barde : ils arrosent ma tour avec tous ce qu'ils ont. Mouahaha ! C'est con, je ne suis plus dedans ! 

Une accalmie de quelques minutes nous permet de faire le point : personne n'a été touché. En face il y a peut être eu de la casse, mais nous ne pouvons pas le savoir. En tout cas ils ont reculé. 

J'entend chuchoter une voix féminine à une vingtaine de mètres. C'est officiel, c'est bien la New Rep que Babou a surpris pendant qu'il faisait ses courses avant la partie. Plus tard Mathieu tombera sur leur canal radio et nous apprendra qu'ils font équipe avec les Phocéens. Mais pour l'heure ces chuchotements ne m'inspirent pas, et effectivement ils relancent une attaque vers ma tour. 

Les secours

M'en fous, je n'y suis pas retourné, je suis caché entre un arbre et la tour et j'arrose la forêt généreusement, vidant le troisième chargeur de la soirée. Plus que quatre en poche, ça va être dur de tenir toute la nuit. Nouvelle accalmie, nous entendons "US ?" depuis le chemin Sud. "US" encore une fois.

Après avoir autorisé deux des inconnus à s'approcher, Babou fait le point avec les nouveaux arrivants. Il s'agit des Forces Spéciales Françaises dont la mission est de nous soutenir toute la nuit jusqu'à l'Evasan prévue le lendemain matin. 

Sentant que nous sommes à présent à deux équipes, les hostiles cessent leur engagement et disparaissent dans la nuit. On va pouvoir souffler un coup. 

Et alors là, un grand coup puisque jusqu'au lendemain nous n'avons plus eu la moindre attaque à essuyer. Par contre les FS à leur base de Taïpan Village s'en sont pris plein la poire jusqu'à minuit ironie du sort. 

Les blessés les plus poilants du monde : Pascal, Didier et Bernard

Les blessés les plus poilants du monde : Pascal, Didier et Bernard

La nuit au frigo

6h00 : le réveil sonne dans le village. Une pause a été accordée de 5h à 6h, il faut à présent se remettre en branle. Le gag c'est qu'il a fait froid. TRES FROID ! Nous sommes tous enveloppés dans des duvets, couvertures de survie ou les deux avec la tête dans le cul des autres pour avoir plus chaud, et nous n'avons pas très envie de quitter nos cocons. Mais on nous a payé pour faire un taff, alors nous allons le faire. On vérifie tous que nous n'avons pas perdu nos orteils et que nos couilles n'ont pas glacé et on se tient prêts. 

Tandis que nous partions récupérer Bandido, les FS ont lancé un début d'Evasan, leurs forces et nos gars sont à mi chemin du point d'extraction, mais c'est trop tôt, tout le monde n'est pas en place ! On se replie donc sur Mamba Village qui par chance est désert. 

Là nous faisons le bilan : en plus de Stello notre maccabée poids lourd nous avons trois blessés : Mathieu au bras, Babou à l'oeil et Bandido à la jambe (super les renforts). Malgré le sang qui pisse de partout, chacun y va de sa connerie : "hey mec ouvre l'oeil on peut se faire accrocher", "toujours bon pied bon oeil les Taïpans", "ouais ici on t'accueille à bras ouverts" et ça pendant vingt bonnes minutes. Un fou rire général se propage dans toute la zone, même les FS s'y mettent après avoir un peu été surpris par ce comportement inhabituel en milsim ! Leur leader interromps la rigolade :

- Les mecs, l'Evasan aura lieu dans dix minutes, on prépare les brancards pour les blessés et les morts et on bouge. 

Ils nous laissent geler toute la nuit, et ils nous attaquent pile pour l'Evasan, les fumiers !

Ils nous laissent geler toute la nuit, et ils nous attaquent pile pour l'Evasan, les fumiers !

J'aurais dû parier

Dans trente secondes, l'Evasan aura lieu, nous sommes tous prêts et répartis selon les brancards. Pour ma part je fais partie du quatuor qui va porter Bandido qui décidément s'est trouvé un rôle pas commun ! 

Et c'est évidemment à quelques minutes du top départ que les hostiles nous engagent. Ceux qui sont encore valides et pas occupés au transport des blessés ripostent pour les maintenir loin du convoi d'évacuation. 

- Les gars à trois on lève, un, deux, trois !

Nous soulevons Bandido et nous enfonçons dans la forêt précédés par un éclaireur qui confirme que la voix est libre jusqu'à la base des FS. Sur place, nous posons le brancard exprès sur une pierre pour le dos de Bandido et faisons une courte pause. Erreur fatale. 

Les autres profitent de ce répit pour nous tomber dessus à nouveau avec tout ce qu'ils ont. Les grenades explosent de partout et les chargeurs se vident à vitesse grand V. De mon côté touché à la jambe je me cache près de l'entrée de la base avec Kinder sur ma gauche. Tandis qu'il se replie je distingue Chiline de la New Rep à une trentaine de mètres, je lui envoie une bonne grosse rafale... Et rien ! Avec un joueur inconnu j'aurais été tenté de parler de triche mais le connaissant je pense plutôt qu'il a eu une chatte pas possible ! Je jette ma grenade dans le chemin en espérant que ça les ralentira. Quelques instants après l'explosion Chiline m'achève.

Bilan

Avec le recul quelle erreur que d'avoir fait une pause alors que le point final de l'évacuation était à moins de cent mètres. Bien que quelques uns aient pu arriver sur l'objectif avec un blessé et Stello, nous avons malgré tout perdu 80% de l'effectif en choisissant de faire une pause. Cela nous servira de leçon. 

Quoi qu'il en soit on ne pouvait rêver mieux comme reprise : malgré le froid qui nous a privé d'une grosse nuit bien nerveuse, les deux camps ont joué fair play, l'humeur était bonne et il y aura des souvenirs à la pelle. C'est pour ça qu'on fait de l'airsoft et c'est pour ça que ça nous manquait à tous. 

A bientôt sur le terrain ! 

Gaffeur

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