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Un Gaffeur a l'Airsoft

Tout est dans le titre !

La Campagne de Call of Duty Vanguard

La Seconde Guerre Mondiale, pas la vraie ?

La Seconde Guerre Mondiale, pas la vraie ?

Autant le dire, cela fait bien dix ans que la saga Call of Duty m'a perdu. D'une part parce que j'ai passé l'âge de faire du online contre des minots, ensuite parce que Battle Royale c'est un film culte mais un mode de jeu qui m'indiffère et enfin parce que les campagnes solo n'ont cessé de perdre en qualité depuis le Modern Warfare original. 

Bref pour moi un jeu vidéo c'est avant tout quelque chose qui raconte une histoire, et si possible une bonne ! Alors pourquoi avoir acheté l'épisode de cette année puisque celui-ci continue d'insister à fond sur la recette multi/zombies/warzone ? Tout simplement parce que la campagne était sensée se dérouler pendant la Seconde Guerre Mondiale. 

Or si vous avez un peu parcouru ce blog vous avez du vous rendre compte que la période me passionne beaucoup. Aussi suis-je assez pigeon sur ce coup là : quand un jeu de tir propose une campagne pendant ce conflit célèbre je ne peux m'empêcher de vouloir m'y frotter ! Et puis le titre est développé par Sledgehammer Games, responsables de l'opus World War II sorti il y a trois ans et qui proposait une aventure solo digne de ce nom, pas trop courte qui plus est (environ 7h30-8h ce qui pour un Call of Duty était un bon chiffre). 

Ceci dit j'avais tout de même des réserves : le titre avait l'air de jouer à fond la carte de la relecture historique progressiste et flirtait même avec le pitch de films d'action de série B des années 70-80 puisqu'il sera question d'une escouade de commandos chargés de mettre fin à un complot visant à instaurer un Quatrième Reich. 

Polina Petrova, parce qu'on n'avait pas envie de placer Vassili Zaitsev

Polina Petrova, parce qu'on n'avait pas envie de placer Vassili Zaitsev

Fausses promesses

Dissimulé dans un train fonçant à toute allure vers Hamburg, vous commencez votre aventure aux côtés des autres membres de la Vanguard : Arthur votre chef d'équipe, Polina la sniper, Lucas l'expert en explosif ainsi que Richard qui épaule Arthur depuis la Normandie. But du niveau : nettoyer le train ainsi que celui qui roule à quelques mètres du vôtre de tous les allemands qui s'y trouvent. 

Clairement je ne m'attendais pas à une introduction de ce type. Call of Duty a toujours mis un point d'honneur à nous proposer des batailles historiques du conflit, alors me retrouver sur les toits des wagons de ce train en train de sauter façon Uncharted d'un convoi à l'autre m'a vraiment déboussolé... Suis-je bien en train de jouer à un épisode Seconde Guerre Mondiale ? 

Je m'attendais ainsi à un jeu entier composé de séquences de ce genre, qui auraient eu pour toile de fond le conflit mais qui aurait proposé une approche 100% fictive et décalée façon Inglorious Bastards (le film de Castellari, pas le Tarantino). Mais une fois ce long prologue terminé, votre équipe est capturée par les principaux antagonistes : Freisinger et son toutou Richter. Envoyés au trou pour interrogatoire, les membres de l'équipe vont se remémorer leur participation au conflit... Chacun de leur côté !

Et oui, si vous espériez un jeu où vous joueriez une escouade hors du commun pendant 7 heures, vous vous êtes fait avoir ! Vanguard ne proposera que deux missions (sur neuf) consacrées à l'équipe qui donne son nom au jeu... Ca sent un peu l'arnaque tout ça !

Mais la bonne idée du jeu à savoir de faire appel à une équipe hétéroclite dont les membres viennent des quatre coins du globe permettra aux développeurs de couvrir des décors variés. 

Une histoire sur tous les fronts

L'Europe, la Russie, le Pacifique ainsi que l'Afrique du Nord serviront de terrain de jeu à chacun des membres de l'équipe dont on découvrira les actions passées. 

Mais la particularité du titre c'est d'avoir abordé quelques batailles moins exploitées que d'autres dans la série (Tobrouk, Bougainville ou El Alamein) et d'avoir proposé une approche différente des affrontements que nous avons déjà vus et revus !

Ainsi le débarquement en Normandie sera vécu via Arthur, parachutiste de sa Majesté et non pas par les G.I.'s à Omaha Beach comme le voudrait la tradition. De même que contrairement à 99% (je garde une marge d'erreur) des oeuvres sur cette bataille, Stalingrad dans Vanguard ne démarre pas immédiatement dans la boue et les gravats mais dans une ville encore vivante. 

Et le plus appréciable dans tout cela c'est que chaque niveau parvient à avoir son âme ainsi que ce petit truc en plus qui fera qu'on ne l'oubliera pas immédiatement après l'avoir bouclé. Qu'il s'agisse du saut en parachute et la progression angoissante évoquant le film Overlord ou encore la partie de cache cache dans une jungle truffée de japonais, les niveaux savent vous immerger parfaitement dans l'histoire de ces hommes et femmes. 

"J'ai dis à Frodon allez file moi l'anneau cinq minutes, et voilà le résultat"

"J'ai dis à Frodon allez file moi l'anneau cinq minutes, et voilà le résultat"

Gameplay plus exigeant

Le décor est séduisant et l'ambiance est là, ok c'est top mais qu'en est-il du gameplay ? Et bien manette en main on est au départ pas vraiment déboussolé par ce volet tant la recette est connue depuis quinze ans : on court, on vise, on tire, on recharge et on se met à couvert le temps que le rouge sur l'écran disparaisse. Classique, mais efficace ! Sans oublier que quelques petits ajouts se révèleront intéressants comme le tir à l'aveugle (qui mériterait d'être peaufiné cependant) ou les capacités de chaque personnage qui vous feront jouer les niveaux différemment selon celui ou celle que vous contrôlerez. 

Notons également que si les ennemis n'ont toujours pas inventé la poudre seront très nombreux et sauront vous faire mal rapidement, rendant votre progression un peu plus tendue que pour World War II. Ainsi lors des séquences qui vous invitent à jouer infiltration ou bourrinage, être discret le plus longtemps possible sera parfois la clé de la victoire. 

N'allez cependant pas croire que cette touche à la Far Cry sera valable tout le long du titre. Call of Duty restera toujours une saga épique, et même si ce volet se veut un peu plus intime que les autres le quota d'explosions et d'armées de chars fonçant dans le désert sera largement rempli.

Même si il y a un touche d'infiltration facultative (mais parfois conseillée) vous en aurez pour votre argent si vous cherchez des sensations fortes. 
Nul doute que la mission à Midway (très inspirée par le film de Roland Emmerich) saura de ce côté là vous procurer l'un des moments les plus épiques des épisodes Seconde Guerre avec sa bataille aérienne délicate à jouer mais immersive comme c'est pas permis !

Les rats du désert vont littéralement tout péter

Les rats du désert vont littéralement tout péter

Technique perfectible

Abordons à présent la partie la plus décriée derrière la durée du solo : les graphismes et la technique. 

Visuellement le jeu est la plupart du temps réellement beau et j'ai eu plus d'une occasion de me dire que le moteur a encore de la gueule. Les uniformes et animations des soldats sont très satisfaisants tandis que l'arsenal est très varié malgré quelques absents en campagne (sans déconner, c'est la première fois qu'un CoD propose un solo sans M1 Garand ni Thompson M1A1). Les animations de rechargement sont également un véritable plaisir pour les yeux et les oreilles ! 

Car oui les graphismes sont importants, mais dans un jeu de ce calibre le sound design l'est aussi ! Et si on excepte un mixage toujours aussi dégueulasse entre les dialogues et le reste, Vanguard est une vraie réussite acoustique. Les balles sifflent, les étuis vides rebondissent au sol, le sang gicle... Les sons collent à la perfection aux images. 

Par contre techniquement sur PS4 le jeu présente énormément de bugs d'affichage : clipping honteux pour un titre qui débarque bien après Red Dead Redemption 2 ou The Last of Us 2 pour ne citer qu'eux, lag de certaines textures d'arrière plan, textures qui ne se chargent pas complètement... On est loin du fiasco technique d'un Ghost Recon Breakpoint mais quand même un peu plus de peaufinage n'aurait pas fait de mal. 

Je profite d'ailleurs de l'occasion pour souligner un point qui m'a vraiment énervé au moment de lancer l'installation : le mode solo ... Est dispo en téléchargement et ne se trouve pas sur le disque. Contrairement à World War II ou Battlefield V qui proposaient de jouer en solo pendant que le multi se téléchargeait en arrière plan, là ce fut le contraire. Donc je me suis tapé le téléchargement du jeu (cinq heures car j'habite dans un endroit non desservi par la fibre) puis un autre téléchargement long (environ 80 minutes) alors que je ne voulais jouer qu'en solo... Carton rouge à ce niveau là. Ok le solo n'est plus aussi joué qu'autrefois, mais la partie qui pèse le moins lourd devrait toujours être jouable en premier pour aider à patienter pendant que le reste arrive. Mais ce n'est pas ce qui m'a le plus énervé avec cet épisode...

Anachronismes grossiers et progressisme mal placé

Allez je veux bien être gentil : le jeu n'est pas vendu comme une histoire véridique et ne prétend pas être un support pour cours d'histoire... Mais quand même il y a des limites !

Déjà l'arsenal a beau être varié, il n'empêche qu'on trouve des tas de variantes dégueulasses des armes classiques. Ainsi on aura la MP40 normale mais aussi un modèle avec pointeur laser (en 1944 LOL), un mauser K-98 à vingt coups (oui, avec magasin détachable chose impossible)...

Et si encore il n'y avait que ces horreurs destinées à teaser aux joueurs ce qu'ils pourront obtenir en jouant au multi ! Parce qu'en prime il y a des armes qui apparaissent de façon complètement aléatoire : des japonais avec des MP44... Des armes japonaises dans le train menant à Hamburg... J'ai même perdu au début de la bataille d'El Alamein lorsque chargeant avec mon Lee-Enfield sensé contenir 10 coups je constatais devant les 6-7 allemands que pour les développeurs ce fusil n'en comporterait que 5... 

Vraiment je ne suis pas fan de ce degré d'anachronisme de base, mais alors quand en plus on t'ajoute du progressisme en effaçant de vraies histoires, là ça ne passe carrément pas. 

Comprenez moi bien : montrer que les femmes et les noirs ont fait leur part pendant le conflit, je n'ai absolument aucune objection à cette idée. 
Pour Polina, j'ai beau adorer le personnage le discours final de la mission à Stalingrad expliquant que la ville a été libérée grâce à elle, pour moi c'est comme si on avait craché sur la mémoire de Vassili Zaitsev. 

De plus le titre voulait nous montrer des gens et des batailles que nous n'avions pas trop vu jusqu'à présent sur le devant de la scène, alors pourquoi ne pas avoir parlé des femmes sniper de l'Armée Rouge ou tout simplement des femmes partisanes ? De la diversité, je n'ai rien contre sincèrement, mais pas en ignorant la réalité. Que cela plaise ou non aux offensés chroniques des réseaux sociaux, la majorité des combattants étaient des hommes blancs, et effacer leurs exploits pour les remplacer par des personnages fictifs qui vous plaisent plus je trouve le procédé assez ignoble.

Par contre placer le 93ème régiment d'infanterie US composé de soldats noirs (et portoricains mais bon dans le jeu le progressisme c'est quand on veut) a beau être une bonne idée d'autant plus que le régiment m'était inconnu... Au moins le titre m'a appris quelque chose d'historique malgré ses nombreux anachronismes ! Cela dit pourquoi rabattre le couplet du "on n'est pas le genre de soldats qu'on félicite" alors qu'on peut en quelques clics découvrir que le régiment a accumulé 736 médailles au cours du conflit... Les pleurnicheries forcées ça va bien au bout d'un moment quoi ! 

"Attention les gars, la guerre selon twitter arrive"

"Attention les gars, la guerre selon twitter arrive"

Conclusion

Je suis emmerdé. Vraiment. 
Je crois que rarement j'aurais été aussi hésitant sur un jeu, qui plus est un Call of Duty. M'a-t-il plu ou bien m'a-t-il vraiment hérissé le poil ? 

La vérité est situé entre les deux. D'un côté je ne peux pas nier avoir adoré parcourir cette campagne plus longue que ce à quoi la série nous a habitué (environ 7 heures en normal) et que les niveaux m'ont vraiment plu au point que je pense refaire le jeu tout de suite, mais de l'autre... Tellement d'anachronismes, de fautes de goût et de cancel culture qui m'ont gâché tant de moments que je ne peux pas dire que cette campagne soit 100% satisfaisante. Et puis quitte à vouloir parler de tout le monde, pourquoi ne pas avoir intégré un déserteur allemand à l'équipe ? Deux missions du côté allemand pendant la débâcle de Russie aurait ajouté plus de crédit à un jeu qui voulait parler de tout le monde. 

Dommage qu'il l'ait fait en piétinant les actions de certains. 

Ma note : 14/20

 

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M
j'avoue que j'ai du mal à comprendre et pourtant je suis en plein dedans, je n'arrive pas a jouer au mode campagne en solo sur disque!!! d'ailleurs je voudrais savoir comment il faut faire pour y arriver?
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